Retour à Protestantisme et société

Retour à l'accueil

II. Conjugalité et filiation : la société française questionnée

Depuis 1998, la France a connu d’importantes réformes du droit de la famille : pacte civil de solidarité, renforcement de la responsabilité parentale, réforme du divorce.... Ces réformes ont été l’aboutissement de débats majeurs autour de la question du couple et des conjugalités. Les Eglises protestantes ont participé à ces débats qui ont traversé la société.

 

A. Les réformes de la famille depuis 1998

Suite aux rapports d’Irène Théry « Couple, filiation et parenté aujourd’hui » (1998) et de Françoise Dekeuwer-Defossez « Rénover le droit de la famille : propositions pour un droit adapté aux réalités et aux aspirations de notre temps» (Sept. 1999), de nombreux textes législatifs et réglementaires ont modifié le droit civil de la famille et le Code de l’action sociale et de la famille :

• Le 15 novembre 1999, promulgation de la loi relative au Pacte civil de solidarité (pacs) 

• 2002 : le principe du partage de l’autorité parentale est renforcé 

• La loi du 22 janvier 2002 relative à l’accès aux origines des personnes adoptées et pupilles de l’État 

La famille, une affaire publique : un rapport de Michel Godet et Evelyne Sullerot, publié en 2005 par la Documentation française

• 1er janvier 2006 : entrée en vigueur de la loi du 2 mai 2004 portant sur la réforme du divorce
Rappel par l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF)
La réforme du divorce est suivie d'un rapport sur la médiation familiale (27 juin 2001) dont l’UNAF rappelle l’importance : les enfants sont en souffrance quand les parents se sont mal séparés ; la médiation offre à ces derniers la possibilité de se projeter dans l’avenir et de restaurer leur autorité dans l’intérêt des enfants.  

• La loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe a été publiée au Journal officiel du samedi 18 mai 2013.

• Le rapport dirigé par la sociologue Irène Théry sur la filiation et les origines, a  été publié mardi 8 avril 2014 : Filiation, origines, parentalité. Le droit face aux nouvelles valeurs de responsabilité générationnelle. Rapport
Il avait pour tâche "d'appréhender les métamorphoses contemporaines de la filiation, d'analyser la diversité de ses modalités d'établissement, ainsi que les questions qu'elles soulèvent.

 

B1. Le débat autour et après le pacte civil de solidarité 

En 1998, la Fédération protestante de France rend public ses ELEMENTS DE REFLEXION SUR LA FAMILLE, LA CONJUGALITE ET LA FILIATION :
« La commission éthique de la FPF note que le PACS interroge plus profondément notre société sur le lien conjugalité/filiation. Elle souligne que l'éthique protestante a toujours dissocié les deux (mais non séparé complètement) en appuyant sur le prima du lien conjugal par rapport à la filiation (à la différence d’une société imprégnée de catholicisme populaire insistant sur l’unité mariage/procréation). Mais la situation est aujourd’hui inversée, le théologien protestant est appelé à insister sur la filiation et son lien à la conjugalité dans une société où, par effet de balancier, le lien généalogique (à distinguer du lien génétique) est négligé voire défait.. »

En 2001, la sociologue Irène Théry intervient dans le colloque « Les protestants et la famille », colloque qui réunit les différentes sensibilités théologique du protestantisme français : Démariage et distinction des sexes : éléments pour une réflexion sociologique, 2001

Synthèse des débats sur le pacs au sein des Eglises protestantes en 2003, par le pasteur Gill Daudé, responsable du service œcuménique de la Fédération protestante de France.

Parallèlement au débat français sur la conjugalité homosexuelle, la question devient également « brûlante », à partir de 1999, pour quatre Eglises de la FPF, réformées et luthériennes, qui finissent par engager en 2002 une consultation nationale.

B2. Le débat autour et après le "mariage pour tous"

Le 13 octobre 2012, le Conseil de la Fédération protestante de France publie une déclaration à propos du "mariage pour tous"

Commissions d'éthique, groupes de travail sur la bénédiction de couples, les Eglises s'intéressent à l'homosexualité.

 

C. Le débat autour du droit de la famille 

La Fédération protestante organise en 2000 un colloque sur l'avenir de la famille lors de la publication du rapport Dekeuwer-Defossez remis à la Ministre de la Justice en octobre 1999 :

Contribution de la Commission "Couple-Famille-Société" du Conseil National de l'Eglise Réformée de France à l'étude du Rapport Dekeuwer-Defossez, remis au Garde des sceaux : "Rénover le droit de la famille" :
« Le rapport limite le recours à la vérité biologique dans l'établissement des filiations, pour garder un équilibre entre lien du sang et lien social ou volontaire. Mais est-ce l'avenir ? Car l'accès à la vérité biologique s'inscrit dans une évolution de fait dont on devra tirer les conséquences inéluctables.
La filiation d'autre part, ramenée à une responsabilité dans la procréation, n'est plus référée à l'institution qui la fonde, le couple créateur des parents qui, seul, lui donne son sens humain, permet l'inscription dans une généalogie. Déliée de l'alliance des parents, la filiation est tirée vers la vérité biologique. Si l'approche par la vérité biologique est incontournable, pourtant, elle est insatisfaisante. Car l'enfant est d'abord accueilli et adopté.. Comment concilier lien biologique et lien humain qui est parole, histoire, transmission, pour fonder le lien de filiation ? »

En 2001, Le synode l’Eglise Réformé d’Alsace Lorraine (ERAL- devenue aujourd'hui EPRAL) est consacré à la question de la conjugalité : De la conjugalité : dossier préparatoire au synode de l'ERAL en juin 2001 

En mars 2002 se déroule un colloque de théologiens protestants évangéliques dont la Revue Réformée publie les actes en novembre Carrefour théologique d’Aix en Provence, mars 2002 : Les bouleversements de la famille : agonie ou mutation ?

En février 2003, Christian Jacob ministre de la Famille est invité à la Fédération protestante de France.

Les Eglises protestantes contribuent aussi au débat sur la réforme du divorce :

• « Divorce pour faute : réflexions protestantes par la Fédération protestante de France » , février 2002

Prise de position des professeurs de la Faculté libre de Théologie réformée d’Aix en Provence (2000)

• Point de doctrine par la théologien Jean-François Collange : Protestants et mariage religieux

En mai 2013, la Fédération protestante organise un colloque : Familles, Couples, Filiations. " Alors que le mariage était l’institution par excellence où se légitimait principalement la présomption de paternité, il est devenu le signe de l’alliance entre deux êtres qui s’aiment et forment ensemble un projet de couple. Alors qu’il était en son principe l’organisation sociale officielle qui donnait un père aux enfants qu’une femme met au monde et qu’il établissait ce qui fondait la seule vraie famille, le voici instituant le lien d’un couple, c’est-à-dire le lien entre deux personnes se vivant à égalité de droit ". Introduction de François Clavairoly.

 

D. Le couple : mises en perspectives 

Sur la parole de l'autre, par Jean-Daniel Causse, professeur d’éthique à l’Institut protestant de théologie de Montpellier : Ne pas avoir d’autre certitude que les mots d’un autre, s’en remettre à sa parole… tel est le sens de la fidélité.

Réinventer l'amour par Olivier Abel, professeur de philosophie et d'éthique à l’Institut protestant de théologie de Paris

Engagement, authenticité et recherche d'identité, par Jean Kellerhals, sociologue 

Pourquoi tant d’échecs en amour ? Les regards croisés de Jacques Arènes, sociologue & Sophie Schlumberger, théologienne